Là où on ne l’attend pas

novembre, 2007

“La végétation qui survient là où on ne l’attend pas,
ou plus ;
celle qui engage le regard autrement dans le paysage”.

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Travail sur le thème de la séquence et du point de vue


Premiers ateliers artistiques sur “tous ces riens”

octobre, 2007

Albrecht DÜRER, La Grande Touffe d’herbes, 1503,
aquarelle et gouache, 41 x 32 cm
Pourquoi, aujourd’hui, cette œuvre de Dürer peut être intéressante au regard de ces «riens»
Document de travail préparé par Christine Cotinaud, enseignante en arts plastique au collège Fénelon à Vaujours.

Enjeux
Permettre de regarder différemment ces plantes communes et les transformer en sujet artistique.

Réalisation plastique
Appropriation et intervention sur l’image d’une œuvre.
Passage entre la composition picturale et le cadrage photographique, puis travail de techniques mixtes, gouache et pastels à l’huile sur photocopie noir et blanc, dessin et peinture, pour permettre à l’élève une appropriation singulière de ce sujet : la composition et le cadrage, la couleur et son modèle, l’ombre et la lumière.

grandetouffedherbes-durer.jpgAnalyse d’une oeuvre
Albrecht Dürer (1471-152 8) est un dessinateur, peintre et graveur de la Renaissance allemande. Apprenti, il s’initie à toutes les techniques de son art : il apprend à manier la plume et le pinceau, à copier et à dessiner d’après nature, à traiter le paysage à la gouache et à l’aquarelle, à peindre à l’huile. La curiosité pour le caractère particulier d’un détail est un des aspects de l’état d’esprit du XVème siècle. Nous la sentons au plus haut point dans les aquarelles topographiques de Dürer et dans certains de ses dessins, exécutés dès 1494, révélant le rendu méticuleux du moindre détail.

Ces transformations dans le domaine de la pensée, de la science et de la théologie à la Renaissance vont permettre de développer un goût pour le naturalisme. Le regain d’intérêt pour la nature traverse la Renaissance.

touffe pastel QuentinLa Grande Touffe d’herbes représente chaque brin de verdure (plantain, achillée sauvage, pissenlit, pimprenelle, pâturin) dans un rendu très minutieux, porte l’attention au plus près du végétal et suggère bien une approche scientifique. Cette étude isole des végétaux en décrivant tout un univers vivant. Le dessin de ces « herbes sauvages » illustre comment Dürer concilie, sous l’aspect du naturalisme, une vérité scientifique fondée sur l’observation raisonnée à une vérité poétique issue de l’originalité de l’artiste. Dürer est l’un des premiers artistes à proclamer que la qualité essentielle d’un bon maître est de « produire des choses nouvelles qui, jamais auparavant, ne sont venues à l’esprit de quiconque ».

Un autre aspect de l’œuvre est à souligner. L’image est à échelle 1, ce qui permet l’identification des prélèvements. Le fait d’être élevé à cette échelle de mesure « naturelle » pour manifester sa perfection, assure la qualité du travail artistique de l’artiste. La Grande Touffe d’herbe devient un objet d’appréciation esthétique et objet de connaissance scientifique.
La composition et la disposition des différentes herbes (masses, couleurs, lignes, volumes…) tendent à transformer l’étude du détail en œuvre autonome.

gouachecollage-cindy.jpg

touffe peinture Quentinquentin-pastel.jpg

Expérimenter des pratiques
avec des élèves de 6ème, nous sommes allés photographier, dans l’école, certains végétaux que Dürer a représentés dans La Grande Touffe d’herbes.
Puis les élèves ont empoté ces végétaux et réalisé une mise en scène dans la classe qu’ils ont commencé à reproduire avec des techniques graphiques sur du papier.

pissenlitpissenlit1pissenlit2pissenlit dessus

gouache-sur-papier-recyc-ci.jpgtouffe pisenlit

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