Lire la ville

avril, 2008

Elèves de STAV du Lycée de l’Environnement et du Paysage Fénelon, à Vaujours

Des terres agricoles à l’urbanisation en passant par l’industrialisation. Un groupe d’étudiants déchiffrent l’évolution historique du paysage vu du coteau nord de la Dhuys. Par une recherche documentée et une approche sensible personnelle sur le terrain, ils préparent une visite guidée pour regarder la ville autrement.

Faire découvrir ce qui nous entoure
En faisant vivre le paysage à travers l’histoire des hommes qui l’ont façonné.


Lire les paysages, lesquels, comment…

avril, 2008

Les paysages de Seine Saint-Denis ont évolués avec le temps. Avant hier, paysages agricoles, hier paysages industriels, aujourd’hui paysage urbain… Les paysages ont changés. Les hommes par leurs comportements individuels ou leur activités professionnelles contribuent à le faire évoluer, à le modeler. Des murs à pêches de Montreuil à la « banlieue rouge », des maraîchers d’hier aux parcs urbains d’aujourd’hui, nous souhaitons au travers de ce blog et de cet itinéraire faire comprendre à ceux qui le souhaite l’histoire de ce territoire.

Pour cela il nous a fallu dans un premier temps découvrir ce territoire, le ressentir, l’observer, l’analyser, c’est la première étape de notre travail. Avec l’aide de nos enseignants et des collaborateurs du conseil général, nous avons décidé de choisir comme lieux d’étude le versant nord du coteau de la Dhuis.
Ce lieu situé à l’extrémité est du département nous permets d’avoir un point de lecture culminant sur la plaine de France avec Roissy en France et la plaine Saint-Denis, soit un horizon de 180°. Horizon suffisamment large pour observer, analyser, comprendre l’évolution des paysages de Seine Saint-Denis.

Lecture du Paysage, comment on regarde ?

PERCEVOIR LE PAYSAGE
1 Les sens
notamment la vue, mais aussi l’ouïe, l’odorat, le touché…
2 Le filtrage
Chacun à sa propre conception du paysage, son décodage mental
(le caractère émotionnel, l’inconscient, le modèle culturel patrimonial).
LIRE LE PAYSAGE
3 La position de l’observateur
champ visuel, environnement extérieur (froid, bruit, lumière…).
4 La durée d’observation
(nécessité de temps pour s’imprégner).
5 Les moyens de déplacement
(à pied, en voiture, en vélo, notion de cinétique).
6 La rythmique = rapport entre les éléments et l’espace où ces éléments se trouvent (exemple: rythmique de formes, de couleurs ou de végétaux).
On peut déceler des rythmes dans la progression.
7 La séquence = suite de différents plans dans un ensemble.

Lecture du Paysage, qu’est ce qu’on regarde

Travail préparatoire n°2

SORTIR CHAQUE ELEMENT DE SON MILIEU
• Les acteurs du paysage:
Les agriculteurs
Les particuliers
Les Villes (les aménagements)
L’histoire (exemple : le cours de la Dhuys)
L’activité
Les contrastes du milieu
Les interactions entre les différents acteurs
Les différents plans (strates)
Les contrastes entre la ville et la campagne

• Les différences flagrantes
Entre Ville (Le Coteau Nord) et Campagne (Le Coteau Sud)

Le Coteau Nord
Urbanisation (peu de végétation)
Plaine
Infrastructures différentes (maisons, R+3, grandes cités)
Pas d’harmonisation (effet compact)
Pas de limites apparentes entre les villes
Beaucoup d’infrastructures pour les transports
(Aéroport, Autoroutes, Routes)
Bruit important
Fourmilière

Le Coteau Sud
Présence de champs
Ville limitée dans son développement aussi bien en hauteur qu’en largeur
Disparition future des espaces agricoles
Vallons (différence avec les plaines)
Bruit limité

Lecture, expérimentation sur le terrain

Après avoir abordé l’approche méthodologique nous sommes parti sur le terrain afin de mettre en pratique notre méthode. Nous avons, pour cette première étape sur le terrain, décidé de partir de l’est du coteau pour aller vers l’ouest c’est à dire en direction de Paris. La ballade d’environ 3 km nous à permis de traverser 4 types de paysages que nous avons qualifiés de séquence paysagère.
Nous avons observé avec nos sens: regarder, sentir, ressentir… puis nous avons chacun notre tour donné quelques mots pour résumer nos impressions subjectives.

• Première séquence « c’est presque la campagne »
paysage surprenant alors que nous sommes à quelques centaines de mètres de la ville, de la banlieue. Voici la liste de mots venus spontanément:
- contraste x fois cité,
- vaste,
- vache,
- avion,
- bruyant,
- écho,
- opposition,
- mer,
- Auvergne.

Contraste = citadin → campagne
Vaste = horizon → loin, c’est rare de voir aussi loin
Bâti / rupture
Transition zone pavillonnaire / bourg (vieille ville)

Deuxième séquence c’est la rentrée dans la ville de Vaujours,
et même travail nous faisons travailler nos sens…
Liste de mots clés :
- dégradation x2 / rénovation,
- pollution / bruit,
- périurbanisation,
- ancien,
- village (rural) / banlieue.

Contraste entre friche et jardin de particulier.
Entrée ville de Vaujours → Zone pavillonnaire (bâti, parc, friche),
→ Vieille ville = maisons traditionnelles.
Vieux Vaujours → habitations avec de fausses fenêtres (familles riches).

• Troisième séquence : C’est « la friche vers Paris »
Ici le terrain semble abandonné, des constructions puis plus rien. Pourquoi ? c’est surprenant… alors voici nos impressions:
- sauvage x2,
- friche x3,
- couleurs (végétaux),
- évolution (paysage),
- déchets.

• Quatrième séquence : « le parc et Paris »
C’est le retour à la ville mais nous sommes dans un parc urbain au dessus de la banlieue et au loin : Paris. Il fait beau on regarde… voici nos mots:
- entassement,
- masse,
- diversité,
- urbanisation,
- densité,
- bruit,
- fourmilière x2,
- c’est chez moi (Emeric) / contraste.


Ma banlieue

avril, 2008

La ville de Vaujours

Cette ville est divisée en deux parties, la vieille ville et la nouvelle.
La vieille ville est constituée de maison ayant plus 120 ans, construite avec les pierres de la région: gypse, calcaire….
Pour certaines d’entres elles une grange était aménagée à coté ce qui est vraiment très distrayant de nos jours lorsque l’on voie la porte située à 2 m de hauteur par laquelle les premiers propriétaires faisaient rentrer le foin et la paille pour leur élevage.
Vaujours a toujours été une ville riche, grâce à la mine de gypse à proximité, et à la vente de la paille pour les animaux de Paris jusqu’à l’arrivée de la voiture. Ce qui est amusant c’est lorsque l’on observe d’autres maisons anciennes avec de fausses fenêtres peinte sur les murs. Le reste de la ville est contemporain avec une architecture sans grand intérêt

LES COTEAUX

Coteau NORD : Plaine de France Roissy.
Le coteau NORD est très urbanisé car il donne à voir sur des villes telles que Villepinte, Livry-Gargan, Sevran, Aulnay… les constructions sont souvent verticales, car leur origine date des trente glorieuses, qui rappelons-le, à cette époque, étaient un progrès pour les habitants vivant dans les bidonvilles de banlieue qui n’avaient ni eau courante ni électricité pour la plupart. Mon père en à fait l’expérience car jusqu’ en 1962 il vivait a la plaine St Denis au bidonville du chemin du Cornillon, avant de vivre a la cité des tilleuls au Blanc-Mesnil.

Ces villes autrefois étaient toutes communistes (la banlieue rouge avec ces ouvriers et ces usines polluantes) et c’est grâce à cela que ces constructions ont pu être faites. Les ville sont collées les unes aux autres (ce qui est mon cas le trottoir en face de chez moi est à Bondy, l’autre c’est Bobigny).
Sur la gauche du coteau NORD on peut apercevoir l’aéroport de Roissy, qui est suivi d’une grande plaine encore un peu agricole… jusqu’à quand?

Coteau SUD
Du coté sud du coteau de l’Aulnoye, le paysage est totalement différent. On peut apercevoir des pairies avec des fleurs assez rares dans la région, le dernier producteur de lait du département, une ville construite de petits lotissements (Coubron), la forêt de Bondy, puis enfin au fond de ce paysage Clichy-sous-Bois et ses tours, la cité des bosquets. Les prairies possèdent des arbres fruitiers tels que le pommier pour le cidre, des vignes pour les vins… avant l’arrivée du chemin de fer…
Aujourd’hui un projet à l’initiative de l’Agence des Espaces Verts d’Ile de France a été mis en place pour préserver ces dernières prairies naturelles de l’étalement urbain. En effet un jeune fermier sera responsable du paysage, il ouvrira aussi sa ferme aux jeunes scolaires de la région afin qu’ils puissent découvrir la vie de son exploitation avec notamment les animaux de la ferme.

Martin Émeric BTSA 1