Les paysages au fil des saisons

juin, 2008

saison.jpg2 classes de CM1 de l’école primaire Nanteuil, à Montreuil

En partant de relevés photographiques de différents points de vue du parc Jean Moulin-les Guilands, effectués lors de sorties à chaque saison, les enfants rédigeront des textes descriptifs ou imaginaires sur les transformations (de la nature, de la visibilité…).

Mettre des mots sur un paysage, sa transformation,
le regarder, le donner à voir…


Tout petit compte-rendu de la fête de quartier…

juin, 2008
… pour le plaisir.
Dimanche 1 juin, je suis allé faire un tour sur le stand des “Femmes de la Boissière” avant que la fête ne commence. J’ai pris des photos du stand. Je n’ai pas photographié les travaux de près puisque la plupart sont déjà visibles sur le blog.
Ces dames sont venues me faire un petit coucou à la fin de la fête. J’ai appris qu’un de mes élèves a sa maman qui participe à l’association. J’ai rencontré une autre maman dont j’ai eu des enfants dans ma classe il y a un certain nombre d’années déjà. Cette fête a un aspect chaleureux. On retrouve des personnes qu’on a connues. Sympathique.
Plusieurs de mes élèves sont allés sur le stand des femmes de la Boissière en demandant: “Alors, vous connaissez Sophie ?” C’est une manière comme une autre de se faire connaître.
Gérald Jaussaud

Une journée “à la campagne” pour les CM1 de Montreuil

mai, 2008

En amont de la sortie, après avoir décidé ensemble du contenu, Séverine, Benjamin, Florent et Erwan se sont répartis le travail, pour faire les dépliants, les questionnaires, le power point, demander les autorisations de stationner le bus, d’utiliser les salles, de visiter la serre, d’offrir un plant de tomates à chaque enfant…

Le jour J, ils ont pris la responsabilité d’une classe à deux, accompagnés par les maîtres: «…en plus du côté pédagogique, ils sont excellents pour l’aspect sécurité…»

Au niveau timing, le parcours était très bien prévu, mais comme il s’est mis à pleuvoir, on a fini la balade sans avoir déjeuné dans le champ… «C’est pas grave, ça change…

Regarder autour et regarder tout prés

Les enfants énoncent, dans l’ordre, ce qu’ils repèrent:
Vache, maison, fils électriques, arbres, bancs, immeubles, champs, voitures, forêts…
Les fleurs, le moustique sur la capuche de Vincent, la petite araignée qui fait la morte, les chenilles ou les limaces font de la concurrence à la lecture de paysage. «Au moins ils s’intéressent vraiment à quelque chose.»
Les jumelles viennent à la rescousse pour regarder plus loin que le bout de son nez.

On découvre aussi avec ses papilles et ses oreilles…

REGARDER AUTOUR

Sur le coteau de Coubron, il y a plein d’arbres fruitiers, un noyer, des pommiers des anciens vergers… des vignes, plein sud…
Les arbres de plaine s’étalent pour être le plus au soleil, pas comme les arbres de forêt, serrés les uns contre les autres, qui montent pour trouver la lumière.

Tout au fond il y a de grands bâtiments, mais on est entouré de forêts.
«Il y a trop de maisons qui commencent à prendre sur les vaches.»
Pourquoi il y a une forêt?
Parce qu’il y a des fleurs rares ? des arbres rares? Non, Florent explique l’histoire des carrières

La rivière est sous terre. Par là, il y a des marches pour descendre la surveiller. «Comment on l’ouvre? Il y a sûrement un bouton…» «C’est Indiana Jones, pour trouver un secret…» On fait des frottis avec un crayon pour garder l’empreinte sur une feuille de papier.

Il y a un moulin dans le paysage, on le cherche, avec ou sans jumelles, puis les 2 tours, l’église… «Sur l’église, il n’y a pas de croix, il y a une boule et une girouette.»
Qu’est-ce qu’on pourrait chercher d’autre? Jouer à mon petit œil a vu…
Le château d’eau, les vaches… Un avion, on ne le voit pas, mais on l’entend…

REGARDER TOUT PRES

On cherche le nom des fleurs dans les livres:
dans les pages fleurs jaunes, on les reconnaît. Elles n’ont pas toujours le même nom, d’un livre à l’autre, sauf en latin.
A la fin de la balade, on va réaliser des dessins. «Vous pouvez prendre des échantillons, des fleurs et des feuilles que vous trouvez jolis. Il y a juste quelques espèces protégées, mais on vous préviendra.»
«A la campagne, ce n’est pas comme dans le parc, on a le droit de faire la cueillette.»
«J’ai ramassé cette herbe parce qu’elle est belle et j’en ai jamais vu des comme ça. Je suis allé à la campagne une fois: aujourd’hui.»



«Ma mère m’a appris à reconnaître les boutons d’or dans notre jardin.»
Nirushanth garde la feuille d’érable qu’Erwan nous a présentée.«C’est pas pareil toutes les feuilles!»
On cueille des roses d’églantier «… une seule pour que la plante garde sa beauté.»
«C’est un escargot? Et ça?» «Une limace, ils sont sortis parce qu’il pleut.» «J’aime pas les limaces, les escargots au moins ils ont une maison!» «Si on la met sur le dos, elle sait se retourner?»

On touche les écorces. «Le charme a le tronc lisse.»

LA NATURE BONNE OU MAUVAISE?

«Vous savez comment ça s’appelle ici?» «La campagne.»

C’est beau, mais ça peut être méchant.
«La chenille, je la garde, c’est ma copine.
»
«on dirait une belle demoiselle!» « Attention elle peut être urticante, ça peut te démanger…»

C’est bon, mais ça peut être toxique.
«On peut faire des beignets de fleurs d’acacia en les trempant dans la pâte à crêpes.» «C’est un arbre qui a des gousses, comme la vanille.» On a goûté les fleurs et aussi les petites pointes blanches des pétales de trèfles qui sont sucrés. On peut manger plein de choses dans la nature. Mais pas sans connaître, car ça peut être du poison, même de très belles fleurs! «Dans le livre, ils n’indiquent pas si les fleurs sont comestibles ou non, c’est dommage.»

Ça manque de confort: «J’ai envie d’aller aux toilettes, mais je veux pas aller derrière un arbre, j’ai peur des herbes, j’attends le lycée,»
«La cloche sonne, c’est midi ?» On a très faim.
«On ne va pas manger là, c’est mouillé!»
«Ah mon dieu, ça sent mauvais (champs), j’aime mieux les pots d’échappement que la nature.»

La nature, c’est inconnu
On entre dans le sous-bois, on chuchote et on lève les pieds. «Là, on ne sait pas où est la sortie.»
«On ne va pas en forêt, c’est pas évident quand tu ne connais pas.»
Dans la forêt, «ce qui est bien c’est quand on ne parle pas, c’est calme.» On fait deux minutes de silence. «On entend vraiment les bruits, les oiseaux et la pluie, et même pas de voitures. On est vraiment loin!»
«On a vu des faucons crécerelles, ils font un bruit aigu comme un chat et un pouillot véloce qui chante comme une horloge…» «On a vu l’orchie tachetée et plein d’autres choses…»

De retour au lycée

PIQUE-NIQUE EN CLASSE

«Enfin pouvoir faire pipi et s’asseoir!»
Ils se jettent sur leur pique-nique
puis nettoient la salle
et laissent des petits mots sur le tableau…

REMPLIR LE QUESTIONNAIRE ET DESSINER

Ils mettent leurs noms sur le questionnaire et le remplissent, individuellement ou par petits groupes, en discutant avec les étudiants de BTS pour se faire aider.

Puis ils dessinent ce qu’ils ont le plus apprécié dans la sortie.

VISITER LA SERRE

«Il fait chaud!» Le but d’une serre c’est de faire pousser les plantes plus vite.
Découvrir un autre univers…

les plantes suspendues avec des tuyaux noirs pour l’arrosage goutte à goutte, les fenêtres des toits en verre qui s’ouvrent pour refroidir l’atmosphère, les énormes tuyaux des radiateurs géants qui chauffent la serre de collection tropicale à 30°…

«Ça sent vraiment la plante, la terre. Un peu comme quand il pleuvait dans la forêt.»
la terre de bruyère en petits bouts de bois décomposés,
les petites pierres des chemins, faites par les volcans,

la fougère arborescente préhistorique «que mangeaient les dinosaures»,
les papyrus des égyptiens avec lesquels ils faisaient du papier,
les cactus «coussin de belle-mère» «J’aime bien les plantes lourdes (grasses) et celles qui ont des traits (bicolores).»
le petit pont, l’eau et le mur végétal qui ont beaucoup de succès,

les feuilles odorantes «Les géraniums citron ça sent trop bon!»
la serre potagère avec la ciboulette, les navets, les tuteurs… «Le radis, ça sent aussi.»
les plans de tomates,
le passage sous la glycine
et le terrain de foot…

Tout le monde est reparti, fatigué, mouillé et content!


Projet moteur qui se ramifie…

mai, 2008

Tous les ans, je choisis un projet moteur pour la classe (cette année biodiversité et paysages), dont on parle au début de l’année et que j’intègre au quotidien.

Nous avions prévu de travailler sur les arbres de la cour, ils avaient chacun choisi un arbre qu’ils devaient observer tout au long de l’année… et puis l’école a brûlé, les classes ont déménagé, du coup on s’appuie sur les sorties, au parc des Guilands…

Des enregistrements de chants d’oiseaux ont été réalisés par ma classe, en plus des sorties “de saisons“, avec une intervenante du CORIF et du matériel spécialisé (paraboles), par groupe de 6 enfants à tour de rôle (12 classes en Ile de France participent au projet qui va se concrétiser par un CD). Ils ont aussi conçu textes, dessins et maquette pour le fascicule.

Notre élevage de chenilles et de larves de coccinelles a trouvé sa place dans le hall du centre de loisirs (plutôt que dans nos classes) pour que ça profite à tout le monde. Nous avions commandé des kits élevages en même temps que les jumelles.

Nous remettrons les papillons et les coccinelles dans la nature. C’est pour ça que les enfants étaient aussi contents d’en voir à Vaujours…

Nous correspondons sur les oiseaux que nous observons, avec des élèves de maternelle, eux au parc Montreau et nous au parc des Guilands. L’institutrice est une ancienne collègue… c’était l’occasion.

Chaque enfant de ma classe réalise un jeu question/réponse électrique sur les oiseaux qu’il va offrir à un enfant de maternelle en juin.
Nous le préparons dans le cadre des cours de sciences et technologie pour étudier l’électricité. Nous avons défini quelles questions poser “à qui appartient“ + la photo d’un bec (d’une patte, d’une silhouette, de petits…) et 3 photos d’oiseaux en face, au choix… Si on sélectionne la bonne réponse, l’ampoule s’éclaire. On a fait le support en carton, puis avec des fils, une douille, une ampoule et une pile… et ils ont cherché eux-mêmes comment brancher pour que ça marche. C’était rigolo.

Les enfants sont super attentifs à ce qu’ils observent. Dans la cour de récréation, ils ont un petit carnet, que je ne regarde jamais, pour noter ce qu’ils veulent, avec la date, le lieu, l’heure et énumérer ce qu’ils font ou voient sans rédiger. Certains ont du mal à se concentrer sur plusieurs choses, regarder sur place et écrire en même temps, l’année prochaine nous allons essayer un cahier d’observation avec des feuilles de dessins.

Les enfants changent de regard sur ce qu’ils observent et ensuite c’est eux qui deviennent moteur…

Chaque année il y en a 1 ou 2 qui accrochent vraiment, se font offrir des jumelles par les parents, mettent des nichoirs et des mangeoires chez eux. L’année suivante ils se passionneront peut-être pour autre chose, mais il en reste toujours quelque chose.

Le programme de sciences “unité et diversité du monde vivant“ est tellement vaste que l’on peut y accrocher beaucoup de choses, mais les nouveaux programmes plus lourds en français et en math ne vont pas faciliter l’intégration de ce type de projet. Sur l’école, on s’est réparti les sujets entre maîtres à l’intérieur du cycle de 3 ans. J’aime bien travailler avec d’autres adultes et donc d’autres classes.
Cette année, c’était bien même si on a fait trop de choses… quand on est sur un projet on est d’autant plus sollicité pour d’autres.
L’année prochaine je partirai sur des projets différents, c’est plus motivant de toujours changer. Si on rentre dans les locaux, la priorité va être de s’occuper du jardin de l’école… ça profite à tout le monde.

Laetitia Lachkar


Des portes qui s’ouvrent…

mai, 2008

Plusieurs acteurs du blog se sont retrouvés ou rencontrés à l’occasion de la journée portes ouvertes du lycée du paysage et de l’environnement Fénelon: élèves, étudiants, profs, techniciens du Conseil général…

La démarche et les projets “Tables d’orientation“, “Lire la campagne“ et “Que faire de tous ces riens“ étaient exposés. “Au fil des saisons“ et “Arboretum urbain“ étaient représentés…

Lire la campagne

Que faire de tous ces riens

Tables d’orientation

Des échanges de tuyaux…

Nathalie, professeur de SVT à Noisy le grand discute avec les étudiants de BTS à Vaujours qui lui racontent leurs sorties “lire la campagne“ avec les scolaires. Elle décrit le jeu de reconnaissance des oiseaux à Gérald, maître d’école à Montreuil, qui lui donne une grille de lecture de paysage… Frank, prof d’Histoire Géographie de Vaujours explique comment les 4ème ont réinvesti le travail effectué sur le terrain lors de la sortie avec les BTS…

Astuce pour faire dessiner les lignes de force d’un paysage aux enfants, qui sont souvent trop attachés aux détails, projeter sur le tableau blanc les photos des paysages, floues, et délimiter au feutre les masses de différentes couleurs. En réglant la netteté on voit apparaître les arbres pour la forêt, les maisons pour les zones urbanisées… mais lorsqu’on éteint le projecteur les grandes lignes sont au tableau. Les élèves peuvent les reproduire, puis les remplir… ou agrandir leurs croquis de terrain et les “colorier“ en collant divers végétaux; ajouter ce qu’ils (re)connaissent…

Jeu pour apprendre à regarder et reconnaître les oiseaux en classe, deux enfants se mettent dos à dos, un enfant regarde une image d’oiseau (directement ou au loin à travers des jumelles) et la décrit en détail à l’autre qui cherche entre plusieurs reproductions duquel il s’agit. Cela pousse à avoir le souci du détail et ils mémorisent tout…

… à la pluridisciplinarité enthousiaste

Toute l’équipe d’enseignants multiplie les projets pluridisciplinaires ou en atelier.
Intéresser les élèves, les surpendre, provoquer…
Anglais et math ? Pas de problème, travail de traduction, d’un texte sur un plan de jardin anglais, conversion des mesures pour l’adapter à la France…
Projet autour des légumes, Technique et Histoire-géo? D’où les différents légumes sont venus, quand, pourquoi, comment… En français, la symbolique des végétaux… Les arts plastiques pour faire se poser des questions, un séchoir à pissenlit dans la classe ou une expo potées sur piédestaux, une épicerie de confitures d’information au CDI, une tonte de chemins dans les herbes folles ou une installation de pots multicolores dans la cour d’honneur…

«Ça nous force à aller chercher des infos, ça permet de faire des sorties.» «Ça nous motive, et les élèves sont différents en classe ou en pluri. Ils respirent!» «Ça devient une aventure collective.»
«Un projet c’est une autre façon de valoriser les élèves… de permettre à certains de nous étonner.»