Fleurir les plates-bandes

avril, 2008

platebande1.jpgAgent d’accueil et locataires d’Estienne d’Orves, résidence OPHLM, à Bobigny

Pour améliorer le cadre de la résidence, l’ambition est d’arriver à colorer et fleurir les espaces de terre piétinés autour des immeubles, en sensibilisant les locataires des 175 logements, les agents d’entretien… pour qu’ils soient partie prenante…

Comment embellir les plates-bandes des pieds d’immeubles, les faire respecter…


Déroulement de la journée “fête des fleurs“

avril, 2008

Les affiches des enfants donnaient rendez-vous à 10 heures.

Atelier peinture complètement ouvert…

L’intérêt d’installer les tables dehors, au centre de la résidence, est que les gens passent, descendent prendre leur courrier… on peut leur expliquer la journée, les inviter à participer…


Les enfants découvrent les photos des fleurs qu’ils vont semer l’après-midi.
Ils imaginent les phrases pour inciter les locataires (avec ou sans chiens) à respecter les semis et les plantations.


Puis petits et grands dessinent et peignent sur des pancartes de bois fabriquées par les ateliers de l’OPHLM. Ils sont très productifs, nous aurions dû prévoir beaucoup plus de panneaux. (Un autre atelier pour le mercredi suivant sera d’ailleurs décidé en fin de journée).
Après les avoir vernies, les pancartes trouvent chacune leur place.

Préparation de la terre

Pendant ce temps, les jardiniers de la ville préparent la terre, labourent, ratissent, griffent…


«On nous demande de préparer, ça ne nous dérange pas, c’est pour les enfants, mais après ce n’est pas nous qui entretenons…»
«Après ce sont des prestataires externes privés, et ils viennent sur un calendrier, juste x fois dans l’année…» «Alors ils ne connaissent pas bien l’endroit.»
«Par exemple quand on bêche quelque part on vire les ronces, le chien dent, les pissenlits… et si on fait bien le boulot au départ, après ça demande moins d’entretien!» «On sait ce qu’on a mis…»
«Le jardin, c’est mieux quand on fait tout du début à la fin…»

L’après-midi, de 13h30 à 18h

Atelier jardinage très varié…

PLANTATION DES ARBUSTES…
Un jardinier de la ville présente les arbustes,


leurs noms, la période de floraison
(potentille, hibiscus, lilas…), leur hauteur (si on ne les taille pas…), la dimension des fleurs (grosse comme ça…)… pendant que ses collègues font les trous et les disposent.


Les enfants apprennent ensuite chacun leur tour à se servir d’une pelle pour reboucher les trous, puis tassent la terre et arrosent au tuyau.

PLANTES COUVRE-SOL…
Stéphane du Conseil général leur fait ensuite planter une sélection de plantes couvre sol, qui doivent s’étaler et prendre progressivement toute la place (pervenches, marguerites, fraisiers, graminées…).

Ils ratissent, plantent avec les mains, balaient la terre…
ils utilisent de petits outils et de petits arrosoirs.

PAILLAGE POUR COUVRIR LA TERRE…
Les jardiniers déchargent ensuite le paillage et le répartissent avant de céder la place aux enfants pour bien l’étaler entre les plantations.

FLEURS DANS LES BUISSONS…
Devant l’accueil, les enfants creusent de petits sillons pour disposer des graines (Roses trémières et œillets d’inde…) partout devant l’accueil…

SEMIS DE PRAIRIES “NATURELLES“…

On enlève les pierres

On ratisse le terrain

Stéphane distribue les graines mélangées dans les petites mains…

les enfants sèment joyeusement… de façon “très“ aléatoire!

On tente un triangle de coquelicots par ici, un de bleuets par là…

DELIMITATION “A LA FICELLE“…
Il faut garder le passage pour la sortie de secours du restaurant…
L’OPHLM va s’occuper de faire poser rapidement de petites clôtures basses pour protéger les semis et plantations le long des deux passages piétons très empruntés.

PAUSE GOUTER
Les enfants s’assoient autour de la place, Cyril du Comité d’Initiatives Citoyennes et les parents distribuent boissons et viennoiseries.

PLANTATION D’UN ARBRE

On finit la journée en plantant un merisier, les enfants l’attendent, ils le tiennent, tassent la terre. On met son tuteur à la masse, on l’attache… puis les enfants l’arrosent, copieusement…


en attendant que Madame Lacouture prenne la relève, une fois par semaine…

La société d’entretien est prévenue que certaines zones ne sont plus à traiter (la prairies semée et les nouvelles plantations entourées de mulch ne nécessitant ni désherbant, ni coupe sévère).

TOUT LE MONDE A PARTICIPÉ!
Les enfants, les parents, les jardiniers, la ville, le conseil général, l’OPHLM…
Les enfants balayent, aident à ranger, portent les outils, les tables, les mamans les nettoient…

Une maman plaisante:«S’ils mettent plein de fleurs, l’OPHM ils sont foutus de nous faire payer plus cher!» «Ça va être beau!»

18 heures
Les enfants viennent nous demander «Elles ont poussé nos graines?»
Ils vont sûrement regarder régulièrement et suivre ça de très près


Brève méthode d’entretien…

avril, 2008
… pour tout ce qui à été planté pendant cette journée.
Journée dont je garderai un très bon souvenir. Stéphane

ARROSAGE:
à effectuer de préférence le soir pour éviter au maximum l’évaporation de l’eau
arbre, le merisier: arrosage copieux (20 litres environ) mais pas trop fréquent, 1 fois par semaine le premier été.
arbustes avec mulch au pied: les plantes n’auront pas besoin de trop d’eau, le mulch constituant une bonne protection. En été en cas de fortes chaleurs, arroser au pied des arbustes, 10 litres par pied 1 fois par semaine, est amplement suffisant.
vivaces avec le mulch, idem mais 3l/pied suffiront.
prairie fleurie, coquelicot et bleuets: il n’est pas nécessaire d’arroser, d’autant plus que les massifs sont au pied de bâtiments et donc un petit peu à l’ombre en journée.
Je recommande d’arroser jusqu’à la germination des graines et l’apparition de petits plants au sol (quoique en ce moment avec la pluie ce n’est pas nécessaire, cet arrosage étant indispensable uniquement si la terre devient sèche et se craquèle.)
Si la terre est encore légèrement humide, économisons l’eau, surtout que l’eau d’arrosage est de l’eau potable… D’ailleurs une petite récupération d’eau (citerne de 1m3 au pied d’un bâtiment reliée à une goutière) serait la bienvenue!
ENTRETIEN ANNUEL:
• prairie fleurie, coquelicot et bleuet: surtout aucun désherbage, le mélange est fait pour que les plantes s’installent et s’équilibrent en densité et en espèces au fur et à mesure de leur développement. L’opération d’entretien consistera en un fauchage à 10 cm du sol fin septembre/début octobre quand tout est fané. L’idéal est d’exporter les résidus végétaux 2 ou 3 jours après pour que les insectes présents sur les tiges aient le temps de se déposer au sol, sinon une exportation directement après la coupe pourra être envisagée. Quoiqu’il en soit il ne faut pas laisser les résidus coupés sur place.
Si des floraisons persistes, attendez un peu avant de couper et profitez en.
arbustes: pour qu’ils soient en bonne santé avec des floraisons vives et fournies, je recommande de les tailler fréquemment (1 fois tous les 2 ans c’est un bon compromis). Le choix de la date de taille et la manière de tailler sont la clé. Je n’ai pas noté toutes les espèces d’arbustes (Forsythia…) mais j’ai vu beaucoup d’espèces horticoles à fleurs qui sont à tailler après la floraison.
Pour les arbustes persistants, on peut les tailler presque toute l’année mais je recommande de le faire en hiver. Pour tous les autres arbustes caduques (qui perdent leurs feuilles ) taille en hiver pendant le repos du végétal.
vivaces: il faut couper tout ce qui est fané en fin d’hiver, avant le début du printemps (graminées, astéracées (famille des marguerite)…)
pervenches: (couvre sol à feuilles persistantes et à floraison violette) il ne faut pas y toucher, elles vont pousser et s’étaler. Vous pouvez les tailler sans problèmes en coupant les tiges juste si elles viennent à envahir vos chemins…

Préparation de “la fête des fleurs“

mars, 2008

Faire savoir

Pour la réunion de préparation, nous sommes une dizaine de personnes. Des affiches l’annonçaient à côté des boîtes aux lettres.
La semaine dernière, les enfants ont déjà demandé «Quand est-ce qu’on va faire une fête?»
Madame Lacouture leur a donc parlé de “la fête des fleurs“. Yasmina a proposé de faire l’affiche. «… ça aura plus d’impact si ce sont les enfants qui font les affiches. Ça leur donne de l’importance et montre la considération que l’on a pour eux.»
On décide de photocopier le texte d’invitation sur des feuilles A3, à distribuer aux enfants de la résidence pour qu’ils dessinent ce qu’ils veulent dans l’espace vide.
Texte: “Fête des fleurs“ - le mercredi 16 avril de 14 h à 18 h - Goûter, chacun apporte une boisson, un gâteau… avec les logos OPHLM, Mairie, Conseil général, pour que ce soit pris au sérieux.
«Pour le goûter, on assure une base (le Comité d’Initiatives Citoyennes de la ville) et les gens apportent un complément. Il ne faut pas s’inquiéter pour ça, il y a déjà une tradition…»

A faire avant le jour J

«En matière de projet, moins on imagine, mieux on se porte!» Il faut tout prévoir et se répartir les tâches.
• Faire préparer la terre par les jardiniers de la ville (comment, quand?).
• Vérifier que les spécialistes (Ville et Conseil général) ont bien les graines, les plantes couvre-sol, les arbustes, les copeaux de bois et des outils adaptés pour les enfants (pas trop lourds) et qu’ils se coordonnent.
• Faire installer les entourages pour délimiter les espaces par l’OPHLM («en rondin ou en ciment?» «en rotin, c’est beau!»)
• Faire préparer des pancartes (piquets + planches) par les ateliers de l’OPHLM.
• Animer des ateliers les deux mercredis avant la fête pour les peindre pour signaler les plantations et sensibiliser. Prévoir de les vernir. (Madame Lacouture propose de s’occuper de l’atelier et de le faire savoir dans la résidence. La maman d’une locataire va essayer de trouver des pinceaux.)

Premières propositions pour les pancartes:
Dessiner les fleurs que l’on va planter avec quelques mots écrits
«Ici coquelicot!»
«Ne marchez pas ici, pour que ça soit fleuri!»
«Ne marcher pas là, si vous voulez des fleurs cet été!»
«Attention à nos plantes!» avec un triangle comme sur les panneaux pour protéger les enfants près des écoles
«Nous nous sommes donné du mal!»
«Gentil chien, passe ton chemin»
«Gentil toutou, ne salit pas les fleurs!»

à compléter…


Comment prendre soin des espaces verts

mars, 2008

Entretien, rendement, art du jardinage?

Chez les professionnels, une attention?

L’équipe d’entretien massacre les arbustes, au carré à la tronçonneuse. On les a vus alors ils ont obtempéré pour les derniers… La présidente de l’amicale s’est plainte, le responsable de l’OPHLM a fait remonter l’information en réunion de direction pour rectifier le tir.
«C’est dommage, ils ne mettent pas d’amour dans ce qu’ils font. Je pense que le jardinage c’est beaucoup d’heures, de savoir-faire et d’attention.»
«Ils sont là pour l’entretien pas pour du jardinage… coupe violente et désherbant.» «Il faudrait une entreprise qui est une autre philosophie…» «C’est une question de temps, l’équipe doit tenir un rendement.» «Alors pourquoi ne pas imaginer un entretien moins fréquent, mais plus dans le détail?»
Il faut absolument que l’entreprise qui assure l’entretien soit là le jour de la “fête des fleurs“.

Chez les locataires, un apprentissage?

«On reconnaît les résidences propriétaires ou HLM à la différence dans les espaces verts. Ça se remarque. C’est pour ça qu’il faut les impliquer. Pour les parties communes que chacun plante quelque chose… mais les gens n’ont pas le temps. Ou pécuniairement même pas beaucoup. Et si quelque chose est abîmé, surveiller et arranger tout de suite, comme les tags, sinon ça prolifère.» «Avant à Bobigny, il n’y avait aucune fleur. Au départ quand c’était nouveau, ils les arrachaient, pour repartir avec… et puis les gens ils ont pris conscience que c’est pour agrémenter leur quotidien.»
Une locataire ayant un jardinet témoigne «Si j’avais eu le choix, j’aurais pris une terrasse. J’aurais préféré des dalles avec des plantes autour directes dans la terre ou en jardinières. J’aurais bien mis des dalles en béton pour que les enfants jouent mais c’est cher. Alors on a mis des dalles en bois, mais ça s’est cassé parce que ça s’affaisse. Nous, ce que l’on voudrait, c’est qu’on nous aide à retirer les mauvaises herbes (orties…). On a essayé de mettre de la pelouse sans succès.» «Son terrain il n’y a rien parce qu’ils ne savent pas faire. Ils sont trop jeunes. Il avait tout arraché, mis du désherbant, mais ça repousse…»
«Ils ont un brise-vue pour se protéger dans la salle à manger, tout cassé par les mômes qui viennent récupérer les ballons. Ils auraient du agrémenter le terrain au départ. Quand on est locataire, on n’a pas la même vision c’est un investissement pour entretenir, un coût. On ne sait pas faire et on ne peut pas. Il faudrait avoir ne serait-ce qu’une petite tondeuse, et la ranger quelque part.»
«C’est dommage, ça se voit aussi quand on passe.»