(photos bientôt en ligne)
Donner et faire confiance
Un jardin et des gens qui deviennent autonome…
Michel Cerda, initiateur du projet «Ils ont voulu fermer, ce que, au départ, on n’avait pas voulu… et resserrer les bacs pour plus l’identifier.
Je suis content, c’est eux qui décident et c’est eux qui font!»
Les plantes changent de place. «On a repéré les pervenches qu’on avait plantées en pleine terre, le fraisier et le framboisier et ils ont été mis dans des cagettes…»
Certains bacs se sédentarisent, sans roue, posés sur des pierres.
« C’est marrant tous les coquelicots qui ont poussé autour. Ils nous avaient livré la terre de serre en camion, et on s’en ai servi au fur et à mesure pour les bacs… les graines ont dû arriver avec… » ça sert aussi pour remplir les jardinières.
Le voisin du rez-de-chaussée qui a déjà planté les piquets pour délimiter le jardin, a acheté un taille-haie «pour tailler les grandes herbes pour la fête, pour pouvoir faire le tour… et ce que je voulais faire c’est un chemin avec les bâches qui s’envolent et les fixer comme celles sur lesquelles j’ai tiré les bacs avec les sangles du camion.» Il a dessiné un plan du jardin au préalable.
«J’ai aussi cherché à me faire donner des draps pour que les enfants peignent des paysages pour décorer la palissade sans l’abîmer.»
Michel Cerda, «Nous on va garder un lien avec l’amicale des locataires mais repartir sur autre chose (atelier de peinture et d’écriture…). On va voir comment faire le lien avec des CM2 de l’école à côté qui travaille autour du jardin dans la cour et une parcelle allouée dans les jardins ouvriers, les amener ici ou leur amener des bacs…»
Les bacs de gazon sont tout secs, ils ont déjà une histoire.
Une petite fille qui a participé aux ateliers avec les classes de CP «On avait le droit de monter sur les bacs d’herbe, d’y marcher, de s’asseoir, de se coucher, c’était bien.»
Les paillassons de gazon sec laissent toujours cette possibilité (et n’ont pas été souillés comme les autres par les chats.) Les jeunes s’y installent pour dessiner, rempoter…
Les bacs racontent ce qu’ils ont dans le ventre «J’écris que c’était des radis.»
Karima, animatrice des petits débrouillards, sort des bambous, du grillage, des feutres, des feuilles, de la ficelle, des jardinières, des pochettes pour jardins suspendus… donnent avec tous les outils beaucoup d’idées, d’enthousiasme d’écoute et d’énergie communicative
et les enfants s’emparent, choisisssent quoi faire, où et comment, proposent…
L’arrosoir magique ou l’eau précieuse
L’arrosoir de Karima est un cadeau qui vient d’Afrique. Chaque semaine un enfant l’emmène chez lui et vient arroser jusqu’au mercredi suivant.
On cherche à ramener des gros bidons pour récupérer l’eau de pluie.
Le voisin passe des seaux d’eau par la fenêtre du rez-de-chaussée. «Mes enfants viennent arroser, plutôt que courir ou se battre dans la cité, ça leur fait un endroit.»
«Il faudrait lui trouver un tuyau.»
Le Forum cherche un centre aéré qui voudrait bien suivre, arroser, le jardin nomade cet été…
Derniers préparatifs avant la fête
Aujourd’hui on plante donc les bambous pour tendre des ficelles et mettre des pochettes qui serviront à faire un jardin suspendu (on verra comment ça résiste jusqu’à la fête…)
On tend du grillage contre la palissade pour accrocher les cartes postales.
Une équipe dessine tous les outils qui servent, les râteaux, les balais, les mains…
On sème encore des graines, on replante des poivrons et des fleurs sauvages dans des jardinières.
«Les jardinières pour donner aux parents pour qu’ils les mettent aux fenêtres, parce qu’ils n’ont pas l’habitude…»
Chacun fait une invitation. «Je confie le scotch à Shaïma, vous les mettez dans vos allées…
Pour mercredi prochain, vous en parlez à vos tatas… vous demandez à maman si elle peut faire un gâteau… ou vous pouvez en inventer un… ou un jus de fruits ou des fruits frais ou secs… (pour que les filles apprennent à manger sainement)
Si vous voulez vous pouvez venir à midi avec un pique-nique et on installera ensemble.»
Beaucoup d’enfants n’ont pas le droit de traverser pour aller jusqu’à la Maison Pour Tous, ils se joignent au groupe quand il traverse la cité pour venir au jardin nomade. Ils viennent s’ils ont envie, arrivent et repartent quand ils veulent… une trentaine sont là entre 14 et 16 heures, et quelques uns vont entre 16 et 17 à la Maison pour Tous pour finir les invitations. Il y a aussi des enfants de Villepinte et de Bondy qui font le trajet pour “être des petits débrouillards“… Ils se sentent libres de faire ce qu’ils veulent, dans la bonne humeur, l’enthousiasme et la confiance… ils ont envie de revenir et de montrer le jardin à toute la famille…
mercredi 18 juin à partir de 14 heures !
