Je suis un des enseignants en cm1 à Montreuil (93) qui participe au projet « Paysages à partager » en partenariat avec le département de la Seine-Saint-Denis. Nous avons souhaité travailler cette année sur la biodiversité… Je ne sais pas grand chose sur le sujet et j’ai beaucoup à apprendre moi-même.
Je suis sensible à la notion d’environnement. J’ai conscience surtout que les ressources de la terre ne sont pas illimitées et qu’il est bien dommage de les gaspiller. Dans cette mesure, j’essaie de familiariser mes élèves au tri des déchets, sachant pertinemment que c’est un combat sans fin puisqu’on trie d’un côté; mais de l’autre, on invente toujours de nouveaux déchets pour mieux remplir nos poubelles. Mais là n’est pas le sujet.
Je ne me serais pas engagé dans ce projet seul. Ma collègue de cm1, spécialiste des oiseaux, a annoncé tout un programme pour mieux me convaincre de travailler avec elle sur la biodiversité:
« Nous pourrions nous rendre quatre fois dans l’année au parc des Guilands, à des saisons différentes, pour étudier les paysages et observer les changements d’une saison à l’autre. Nous prendrions des photos. A chaque sortie, nous pourrions travailler sur un thème différent, à savoir: reconnaissance des arbres d’après leur fruit et leurs feuilles en automne, observation des oiseaux en hiver, des fleurs au printemps et des insectes en été. » Le projet « Paysages à partager » ne venait que compléter ce programme déjà bien établi.
J’ai dit: « D’accord ». Je ne le regrette pas du tout. Ma collègue m’a déjà bien aidé et ne désespère pas de m’intéresser à la vie sur terre. De toute manière, rien ne me semble plus triste que de travailler seul, isolé dans son coin. J’ai déjà, me semble-t-il, un autre regard sur les arbres et les oiseaux. Passer à côté d’un arbre c’est bien, mais savoir qu’il s’agit d’un marronnier, d’un tilleul ou d’un platane, c’est quand même plus intéressant. Etonnant aussi de pouvoir donner un nom à un oiseau: je n’imaginais pas qu’il puisse y avoir autant d’espèces différentes aux portes de Paris.
Je ne m’étendrai pas sur les arbres. Une observation attentive des feuilles et des fruits permet de s’y retrouver à peu près surtout si on a préalablement repéré l’emplacement des arbres. J’ai été prévenu que pour les fleurs, il en serait de même. Je m’attends au pire pour l’identification des insectes. Mais revenons aux oiseaux.
J’emmène rarement les enfants en promenade sans savoir ce que je vais bien pouvoir leur montrer et sans m’être rendu sur place. Pour préparer la sortie oiseau, ma collègue m’a invité à participer, un dimanche matin, à une animation organisée par le Corif (Centre Ornithologique Ile-de-France). Elle a même mis une paire de jumelles à ma disposition. Grâce à ses explications et à celles de l’animateur du Corif, je me suis vite familiarisé avec les corneilles et les mouettes rieuses qui peuplent le parc. Les espèces qui nagent dans l’étang ont moins de secrets pour moi: canard colvert (la femelle est marron), poule d’eau. J’ai vite pris plaisir à chercher le faucon crécerelle qui se pose soit sur un des lampadaires du stade, ou alors sur une antenne d’immeuble (toujours la même !) ou encore sur des branches d’arbres. Plus dur à repérer quand même quand il est perché au milieu des arbres! D’autant que, à force de regarder l’oiseau avec des jumelles, on finit par l’imaginer plus grand qu’il n’est en réalité. Nous avons continué la visite et nous avons vu des étourneaux reconnaissables notamment à leur taille et à leurs plumes; des chardonnerets qu’on trouve près des chardons; des verdiers d’Europe, petits oiseaux vert clair qui font un va et vient du sol aux branches des arbres; des pinsons qu’on reconnaît à leur chant, paraît-il… Comme pour le faucon, je me suis inquiété de savoir dans quel endroit du parc se trouvaient ces différentes espèces pour avoir une chance de les retrouver avec les élèves.
Et le jour tant redouté est arrivé. Sortie un peu angoissante. Les élèves étaient prévenus que je n’étais pas fort pour identifier les oiseaux; ma collègue n’était pas loin pour venir à mon secours en cas de besoin… Je n’avais pas pourtant mon assurance habituelle. Des élèves tout excités venaient me voir et disaient: « J’ai vu une mésange bleue… Tiens! Il y a un merle!… ». Je ne savais que répondre et je ne disais rien. D’autant plus que, le merle, si c’en était un, observé en vol pour tout arranger, ne se trouvait pas là où j’avais prévu qu’il soit. Quant au faucon crécerelle, je l’ai bien cherché mais il ne s’est pas montré là où je l’attendais. Nous l’avons vu pourtant, chassé par une corneille qui voulait l’éloigner de son territoire (Comme elle explique bien ma collègue!) mais à ce moment là mes élèves vaquaient à leurs occupations, lassés de mes silences sans doute, et peu l’ont vu. Difficile de diriger une classe quand on ne se sent pas à la hauteur.
Quand même, les verdiers d’Europe étaient là, eux, à l’emplacement souhaité, un peu comme s’ils voulaient donner une note positive à mes enseignements.
C’est quand qu’on rentre ? Les enfants ont bien profité de leur matinée et aucun n’a posé cette question. Le seul qui avait un peu hâte de rentrer quand même, c’était moi.
Pour conclure, je dirai que c’est sympa d’observer les oiseaux, et d’ailleurs j’ai demandé une faveur à ma collègue. « On retournera voir les oiseaux, dis… sans les élèves? »
Prochaine étude: les fleurs. A bientôt pour d’autres exploits.
Gérald JAUSSAUD

mai, 2009 à 11:20 |
bonjour !! je suis professeur de l’enseignement primaire , je suis interessé par le monde des oiseaux !! Svp me mettre au courant de tous les découvertes et les conclusions que vous avez fait et merci infiniment !! j’ai oublié de vous dire que je suis Marocain et je travaille dans une école rurale !!!